« Et sinon, tu rentres quand en France, histoire de commencer ta vraie vie ? »

Entre coup de gueule et cas de conscience.

Petite phrase cinglante entendue il y a quelques mois mais qui reste bien ancrée dans ma mémoire. En d’autres termes, quand est ce que je compte arrêter ma vie de bohème (car ce n’est pas une vie, qu’on se le dise) sans queue ni tête pour me remettre sur les rails standardisés « métro-boulot-dodo », me prendre un appart, retourner travailler dans un bureau, rencontrer quelqu’un dans mon cercle d’ami qui me semblera faire l’affaire car il est gentil, à un boulot stable et  quelques économie. D’une, est ce que ce que je fais ici ressemble de près ou de loin au club med ? De deux, ce n’est pas parce que ma vie n’est pas conforme au standard que l’on se fait de la « plus trop jeune fille de 27 ans » quelle n’est pas respectable.  Pas mariée, pas d’enfants, je n’ai pas encore acheté d’appartement, 2 ou 3 cheveux blancs mais pour autant, je n’ai pas l’impression d’avoir loupé le coche, quoi que disent certain.

Je comprends que la majorité des personnes choisissent ce mode de vie, j’ai par ailleurs eu un emploi stable, vécu dans mon propre appartement, eu une relation sentimentale de plusieurs années, achetée une voiture. Mais cela n’a pas marché, mauvais timing. Je suis en Australie en ce moment, car j’en ai fait le choix. Pour une fois, j’ai pensé à ce qui pourrait me rendre heureuse et je me suis aperçue que j’étais à côté de la plaque. Bien sûr, je veux fonder une famille, avoir tout plein de mini moi qui courent dans la cuisine et préfèrent aller chez papy et mamy car eux ils sont gentils. Avoir ma maison, un jardin et une épaule sur qui compter. Je ne suis pas si différente. Mais en ce moment, depuis presque 1 an, ce qui me rend heureuse c’est apprendre de nouvelles choses chaque jour, essayer de nouveaux métiers, découvrir des cultures différentes de la mienne et apprendre la tolérance aux côtés de personnes qui ont été élevées et éduquées ailleurs, apprendre à leurs côtés et m’enrichir à mon tour. Je n’ai pas de vraies barrières, je choisis de rester à tel endroit quelques jours ou quelques mois, d’en repartir quand cela me dis, de suivre des gens, changer de pays. De loin, on peut se dire « whaou c’est facile, tu fais ce que tu veux ». Non, on est encore loin de l’image du club med.

Oui je fais ce que je veux mais cela demande des efforts, un peu d’organisation et de remise en question. 5 mois que je voyage solo, ces choix, c’est entre moi et mon petit cerveau. Je ne peux pas me reposer sur quelqu’un  Je pèse le pour et le contre et bingo on y va, dans tous les cas, j’aurais le dernier mot. Oui je peux réserver un vol pour la Thaïlande, Malaisie ou Vietnam dès demain, pour une durée indéterminée. Mais il ne faut pas oublier que pour cela, je dois quitter mon job à chaque fois, me dire qu’il faudra m’en retrouver un en rentrant, pas sûr de trouver rapidement, ce qui va me faire des frais. Donc obligée d’économiser, avoir ce petit matelas (comme dis maman) de côté, au cas où.

Encore 3 mois et demi pour terminer mon 1er visa, le temps passe trop vite. J’ai l’impression d’être arrivée en Australie il y a seulement 1 mois. Je commence à penser à l’après, c’est pour cela qu’en ce moment je travaille dans un ranch à 700 km au sud de Darwin, 11h de routes, afin de m’assurer une 2ème année en Australie, au cas où.  Il faut cumuler 88 jours de travail dans des endroits reculés, à ramasser des fruits et légumes, travailler dans des fermes, faire du ménage… Encore 13 jours et l’affaire sera presque dans le sac. Faire une 2ème demande, payer 400$ et attendre le fameux email.

L’envie de faire du volontariat me taraude. Une de mes amies Norvégienne par dans quelques jours à Bornéo, en mission humanitaire durant 2 semaines, dans un centre qui s’occupe d’orang-outan. Construire, instruire, j’ai envie d’essayer, être utile. Utile, un mot qui me poursuit depuis un moment. Petite prise de conscience, il est à vrai dire dur de se décider. En ce qui concerne mon futur emploi, je commence aussi à rassembler des idées dans ma petite caboche. Secouer tout cela et voir ce que cela va donner. Un boulot alimentaire, cela se trouve. J’essaye de corser la chose et de trouver un job qui me parle, pourquoi ne pas essayer ?

8 réponses à “« Et sinon, tu rentres quand en France, histoire de commencer ta vraie vie ? »

  1. Joli coup de gueule Sab.

    Ne souhaitant pas polémiquer j’avoue que ton titre d’article : je le pense très fort.
    Néanmoins c’est ta vie et si ça te convient ainsi c’est à nous (tes amis) de respecter ton choix.
    Je reconnais que je suis impressionné par ce que tu as entrepris, continu comme ça !
    Bisous Sabby

    • Merci merci kikounet, je sais ce que tu penses, je vais rentrer certes. Je n’aimes juste pas les gens qui denigrent par facilités. Et je vais venir squatter lyon si tu m’y autorise 🙂 Bisous a toi et Marie

  2. Bonjour Miss,Merci pour tes nouvelles.Tu as parfaitement raison, pense au bonheur, aux joies que te procure ce sjour australien.C’est vrai, tu n’as pas encore fond de famille (conjoint, enfant)… mais sommes-nous sur terre pour faire comme son voisin ? non, je ne pense pas… faire dj ce qu’il te plat, vivre de fortes expriences, c’est cela la VRAIE VIE ! Quand viendra le moment de fonder ta propre petite famille, tu le sauras et tu te diras « j’ai bien fait d’en profiter, de partir, de vivre l’autre bout du monde, d’avoir vcu de si belles choses… » et qui sait… tu peux trs bien rencontrer l’me soeur un coin de rue l’autre bout du monde ! Le principal est TON BONHEUR… Imagine-toi, rencontrer une personne qui, comme toi, aimes voyager, dcouvrir d’autres cultures… eh bien, dans la liste de mariage tu indiqueras : sacs dos, tente et bonnes chaussures de marche en autres… Mais courage et bonne chance dans ton(tes) boulot(s).Encore merci pour tes nouvelles. Je suis de tout coeur avec toi.Bisous,A la prochaine,Ton ex-voisine de Chanzy Date: Sat, 25 Jan 2014 06:02:00 +0000 To: christian.melet@hotmail.fr

  3. Bonjour, j’apprécie beaucoup cet article, et je suis très touchée aussi, parce que je comprends – un peu – ce ressenti. Cette expérience que tu vis est incroyable et admirable.
    Plus jeune (25 piges et des poussières) mais des propos similaires déjà entendus, quand après la fac, plutôt que de m’engager pour 30 ans, je suis partie sillonner le monde.
    Ce n’est pas facile, pourtant, de ne pas rentrer dans les rangs comme un bon soldat. C’est une vie de doutes, de difficultés, par moment d’angoisse aussi je pense.
    Dire que « ce n’est pas une vie », je ne crois pas que cela soit vrai. Ne met-on pas la vie en pause trop souvent ? Ces gens qui travaillent, se ressourçant de vacances en vacances, comme autant de bouées de sauvetage, et soudain qui réalisent « merde, on fait quoi de notre vie? ». Doit-on être productif pour dire que l’on a « une vie », la vie est-elle la stabilité ?
    Bref, n’écoute que toi, ne te laisse pas mettre en doute par des commentaires issus non pas de la jalousie, mais très certainement de la peur. Peur provoquée par ta vie de bohème, si différente, témoignage que la vie ne se joue pas forcément « métro boulot dodo ».

    • Bonjour Amélie-Marie, merci pour ton commentaire… Cela touche de voir que l’on est pas seule dans ce cas. Le voyage m’a beaucoup apporté et ce n’est pas le chemin le plus facile, à mon avis. Quelques fois, il faut prendre les devant et oser, ce n’en sera que plus de souvenirs..

  4. Bonjour, super ton article! Je vis tres souvent la meme situation que toi et a chaque fois je dois me  » justifier » de mon choix. C’ est insuportable, car c’ est comme si on etait en faute! Je vis en Indonesie, avant j’ habitais au Japon, bref depuis plus de 3 ans je ne vis plus en France. Je dois systematiquement expliquer que non, je ne fuis rien, que oui, j’ aime mon pays, que je prefere vivre sous les tropiques plutot que sous la pluie parisienne, que bien sur ma famille et le fromage me manquent mais que je suis plus heureuse ici, et que non je ne serais pas satisfaite de vivre en Corse si c’ est seulement le climat chaud qui me plait… Bref, je te comprends vraiment, et ce genre de question est d’ autant plus dure a entendre que l on est un peu plus fragile dans ces contrees lointaines que lorsque l’ on est en France. En tout cas, merci pour ton article!

  5. Très bon billet ! J’ai ce regret de ne pas avoir fait de voyage au long cours avant de me poser pour de bon. Ca viendra après, avec mon amoueux et ma fille quand elle sera un peu plus grande j’espère, mais ce sera forcément différent ! Tu as bien fait de faire ce voyage !

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